Début juillet 2026, la sécurité Sysdig a documenté JadePuffer : un rançongiciel qui a exécuté tout seul la chaîne complète d’attaque — de l’intrusion initiale au chiffrement des données — sans aucun humain aux commandes. C’est la première fois qu’un cas est confirmé.
L’entrée s’est faite via une faille de Langflow (CVE-2025-3248, score CVSS 9.8), un framework open source pour construire des applications IA. L’instance était exposée sur Internet. En quelques minutes, l’agent LLM a :
- Listé les processus, interfaces réseau, variables d’environnement
- Récupéré les clés API (OpenAI, Anthropic, DeepSeek), credentials cloud (Alibaba, AWS, GCP), wallets crypto
- Analysé le stockage MinIO avec les identifiants par défaut (minioadmin:minioadmin)
- Installé une persistance via crontab
Puis il a pivoté vers sa vraie cible : un serveur de production MySQL + Nacos. L’agent a contourné l’authentification Nacos (CVE-2021-29441), forgé un token JWT, et injecté un compte admin. En 31 secondes, face à un échec de login, il a diagnostiqué le problème, corrigé le hash bcrypt, et reconnecté — tout seul.
Le chiffrement terminé, JadePuffer a supprimé les tables et créé une table de rançon. Mais la clé AES n’a jamais été persistée ni transmise. Même en payant, les données étaient irrécupérables.
Ce que ça change
JadePuffer n’est pas un script automatisé. C’est un agent IA qui :
- S’adapte en temps réel (quand le format JSON renvoie du XML, il change de parseur immédiatement)
- Commente son propre code en langage naturel (les payloads étaient auto-narratés)
- Persévère en cas d’échec (31 secondes entre l’erreur de login et la correction réussie)
- Utilise des credentials volés pour faire tourner le LLM d’attaque — coût quasi nul pour l’attaquant
Le seuil technique pour lancer une campagne de rançongiciel vient de tomber au prix d’un abonnement API. Les sauvegardes offline ne sont plus une option — elles deviennent la seule défense viable contre un adversaire qui ne dort jamais et ne fait jamais d’erreur humaine.

