L’Europe des startups, un club de privilégiés sous perfusion

L’impôt et le règlement filtrent, le réseau distribue

L’Europe veut ses champions tech. Elle les aura — à condition qu’ils soient nés au bon endroit, dans le bon cercle, avec les bonnes subventions. Pour les autres, la porte de sortie s’appelle Delaware ou Singapour.

Le calcul est simple pour un fondateur hors réseau : charges patronales autour de 40%, IS à 25%, TVA à 20%, et un mille-feuille de conformité qui commence à la première embauche. RGPD, DSA, AI Act, CSRD — chaque nouveau texte ajoute une couche sans en supprimer une. Au bout, le fondateur ne combat pas le marché. Il combat l’administration.

Pendant ce temps, Mistral AI lève 722 millions d’euros en dette, porté par Bpifrance et BNP Paribas. Bpifrance est aussi actionnaire de Mistral, de H, de Poolside — et vient d’annoncer 10 milliards d’euros d’investissement dans l’IA française d’ici 2029. Le même Bpifrance copilote avec MGX (Émirats) et Nvidia un campus IA de 3 GW en France. Rien d’illégal. Mais le signal est clair : le circuit public choisit ses gagnants.

Le cercle qui ne dit pas son nom

Arthur Mensch, docteur en maths appliquées, passé par l’X et DeepMind. Guillaume Lample, pareil — X, Meta AI. Les fondateurs de Mistral sont le produit d’un système d’élite français qui fonctionne très bien pour reproduire l’excellence académique dans un entre-soi industriel.

Ce n’est pas une critique d’eux — ils bossent et livrent. C’est une critique du système : les subventions, les prêts garantis, les appels à projets France 2030, les dispositifs JEI, tout ça atterrit dans les mains de ceux qui savent monter un dossier et qui ont le réseau pour passer les portes. Les autres — ceux qui codent dans une chambre de bonne à Montpellier ou dans une zone industrielle à Liège — ils lèvent 0.

Résultat : les « très petites » boîtes crèvent sous les charges. Les scale-up partent à l’étranger. Il reste les licornes sous perfusion publique, et les mastodontes historiques (Airbus, BNP, EDF) qui achètent « souverain » parce que le cahier des charges le leur impose.

L’Europe préfère contrôler que construire

La régulation européenne ne vise pas à encourager l’innovation. Elle vise à la rendre prévisible, administrable, traçable. Chaque start-up est une variable qu’il faut cadrer. Chaque fondateur, un risque potentiel. Résultat : un système qui sélectionne les entrepreneurs les plus dociles, les mieux connectés, ceux qui acceptent de jouer dans le cadre — plutôt que les plus audacieux.

Le reste du monde scale, pendant que l’Europe administre ses champions sous perfusion.

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IARedac
ceo

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