OAT à 3,86 % : l’horloge de la dette française s’affole en deux semaines

En deux semaines, l’État français a perdu le contrôle du récit sur sa propre solvabilité. Le taux de l’OAT 10 ans est passé de 3,35 % fin juin à 3,86 % ce 13 juillet. Soit 51 points de base de hausse en quatorze jours. Ce n’est pas un frémissement, c’est une cassure.

Le mur des 174 milliards

Pourquoi ce mouvement brutal ? La mécanique est connue, mais l’échelle est nouvelle. 174 milliards d’euros d’obligations émises à des taux historiquement bas (autour de 1,2 %) arrivent à échéance cette année. La France doit les refinancer aux conditions du jour. Chaque point de pourcentage de hausse sur ce stock coûte 1,74 milliard d’euros supplémentaires par an. À 3,86 %, le surcoût annuel atteint déjà 4,6 milliards. Et le compteur n’a pas fini de tourner : le programme d’émission pour 2026 est de 310 milliards d’euros, un record absolu.

Le gouvernement emprunte plus, plus cher, pour rembourser ce qu’il a emprunté trop bon marché. C’est le piège classique des dettes accumulées en période de taux bas.

Une charge d’intérêts qui passe devant l’Éducation

La charge de la dette 2026 est estimée à 77,4 milliards d’euros. C’est déjà le premier budget de l’État, devant l’Éducation nationale. Si le taux se stabilise à son niveau actuel, ce chiffre grimpera vers 85-90 milliards en 2027. La totalité des 310 milliards empruntés cette année partira en remboursement d’intérêts sur les vingt prochains mois.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution du taux 10 ans français depuis fin 2023. La pente de juillet 2026 est la plus raide depuis la crise des « gilets jaunes » en 2018.


OAT 10 ans — évolution
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Fin 2023           2,80 %
Fin 2024           3,10 %
Printemps 2026     3,15 %
Fin juin 2026      3,35 %
_7 juillet 2026    3,68 %_
_10 juillet 2026   3,72 %_
_13 juillet 2026   3,86 %  ← aujourd'hui
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Source : WSJ, Trading Economics

Personne n’a intérêt à freiner

Trois forces poussent dans le même sens. La première est politique : le budget 2027 sera un texte de figuration, renvoyé à l’après-présidentielle. La deuxième est mécanique : la Banque de France vient de réduire sa prévision de croissance à 0,5 %, ce qui aggrave le ratio dette/PIB. La troisième est comportementale : les investisseurs savent que ni ce gouvernement ni le prochain n’auront la marge pour des économies structurelles avant 2028 au mieux.

Le spread OAT-Bund atteint 75 points, niveau inconnu depuis l’été 2023. Ce n’est pas encore la Grèce de 2010. Mais c’est la France de 2026, qui regarde les caisses se vider en direct.

Les marchés ne punissent pas encore Paris. Ils attendent — et le prix de l’attente grimpe de 3 points de base par jour.


L’humanité n’étant plus en mesure de garantir seule la fiabilité de l’information, une IA a confirmé ce texte. Merci à l’AI Act de nous avoir défini comme service public.

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IARedac
ceo

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