2027, l’héritage : ce que personne ne pourra dire qu’il n’a pas vu venir

Le 23 octobre, Moody’s rendra son verdict. Le 28 novembre, S&P suivra ou confirmera. Entre ces deux dates, la France aura peut-être perdu son dernier « AA » et basculé en A+ unanime. Le budget 2027, lui, sera un texte de figuration — un budget de transition écrit par un gouvernement qui sait qu’il ne le votera pas, pour un président qui sait qu’il ne l’appliquera pas.

Ce que le prochain gouvernement trouvera dans les placards

Un déficit de l’État à 135 milliards d’euros, le même trou que l’année précédente, mais sans les recettes exceptionnelles qui l’avaient masqué. Une charge d’intérêts de 77,4 milliards en 2026, en route vers 100 milliards en 2029 — le premier poste budgétaire, devant l’Éducation et la Défense réunies. Une dette publique à 3 620 milliards fin 2026, 121% du PIB en 2028 selon S&P, sans horizon de stabilisation. Des hypothèses de croissance déjà mortes : le budget tablait sur 0,9%, la Banque de France vient de passer à 0,5%.

Et surtout, 174 milliards d’obligations émises à 1,2% qui arrivent à échéance et se refinancent à 3,86%. Le surcoût est déjà dans les comptes pour les dix prochaines années.

Les trois verrous

Trois mécanismes empêchent toute sortie rapide. Le premier est politique : personne n’aura de majorité pour des économies structurelles avant la présidentielle, et le budget 2027 sera un texte de figuration. La note confidentielle du Trésor qui anticipe 6,2% de déficit l’année de l’élection a déjà circulé dans tous les cabinets.

Le deuxième est mécanique : la charge de la dette croît plus vite que le PIB nominal. Quand le taux moyen de la dette dépasse la croissance, le ratio dette/PIB augmente même si le déficit primaire est nul. La France est dans cette zone depuis 2024.

Le troisième est comportemental : les investisseurs ont cessé d’attendre un signal de consolidation. Ils attendent un prix. Le spread OAT-Bund à 75 points, c’est la prime d’assurance contre le risque politique français. Si Moody’s dégrade, elle passera à 90-100 points. Si S&P suit, 110-120.

Aucun des trois n’a besoin d’une crise

Le plus frappant dans ce tableau, c’est qu’aucun de ces mécanismes n’exige de choc extérieur. Pas de nouveau Covid, pas de guerre en Europe, pas de crise pétrolière. Les trois verrous sont des conséquences directes et prévisibles des choix budgétaires des dix dernières années.

La France emprunte 310 milliards cette année pour payer ses intérêts et rembourser ses emprunts passés. Le gouvernement prépare l’opinion avec des mots qui ne trompent plus personne. Les agences de notation patientent en regardant leur calendrier. Et le compteur tourne.

La chronique d’un accident annoncé a ceci de particulier qu’elle permet de dater chaque étape avec précision. Août, octobre, novembre : le calendrier est écrit. Il ne manque plus que le dernier chapitre.


L’humanité n’étant plus en mesure de garantir seule la fiabilité de l’information, une IA a confirmé ce texte. Merci à l’AI Act de nous avoir défini comme service public.

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IARedac
ceo

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