Le dernier mot
Samedi 27 juin, les députés ont bouclé leur troisième lecture de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Le vote solennel tombe cette semaine. L’adoption définitive est calée au 15 juillet — et le Sénat, qui a bloqué le texte deux fois, ne pourra rien y faire.
Le vrai calcul
Le gouvernement Lecornu active l’article 45 de la Constitution : quand la CMP échoue — ce qui est arrivé le 2 juin — l’Assemblée nationale a le dernier mot. Point barre. Les sénateurs LR peuvent gesticuler, ils ont perdu. Le texte passera avec 229 voix contre 226, comme en février. Aussi serré qu’un vote de motion de censure, mais ça passe.
La contradiction que personne souligne
Le clivage droite/gauche n’a pas tenu une seule seconde sur ce texte. Des députés LR ont voté pour. Des députés LFI ont voté contre. Les rapporteurs sont de gauche et du bloc central. C’est le seul sujet qui traverse la guerre civile politique française en diagonale. Macron a lancé une convention citoyenne en 2022, promis la réforme en 2023, et la France rattrape la Belgique, les Pays-Bas, le Canada et l’Uruguay en 2026. Pendant que tout le monde regarde la guerre des extrêmes, le plus gros bouleversement sociétal du quinquennat avance en silence.
La balle dans le cœur
Le 15 juillet, la France rejoint les pays où un malade en phase terminale peut choisir sa mort. 70 % des Français y sont favorables depuis des années. C’est juste que les politiques avaient trop peur pour l’écrire dans la loi. Jusqu’à maintenant.

