L’homme de 69 ans était à bord de son Cessna 421 bimoteur quand il s’est écrasé dans un champ près de l’aérodrome de La Baule (Loire-Atlantique) vendredi. Deux morts à bord. Il se rendait à un rassemblement aérien.
Claude, un des 5 frères Guillemot qui ont fondé Ubisoft en 1986 — la pépite française du jeu vidéo devenue géant mondial (Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six). Il était aussi président de Guillemot Corporation.
Enquête ouverte pour homicide involontaire, le BEA est saisi.
Le dernier pixel des frères Guillemot
C’était en 1986 à Carentoir, un petit village du Morbihan. Cinq frères — Christian, Claude, Gérard, Michel et Yves — décident de se lancer dans la distribution de jeux vidéo. Pas de business plan signé par des banquiers parisiens. Juste une intuition : le jeu vidéo va exploser, et la France ne peut pas regarder passer le train.
Ils avaient raison.
37 ans plus tard, Ubisoft pèse des milliards, emploie des dizaines de milliers de personnes, et a offert au monde des monuments comme Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six ou Rayman.
Mais derrière les grosses licences et les chiffres, il y avait une histoire de famille — et Claude Guillemot en était un pilier discret mais essentiel.
L’homme de l’ombre
Si Yves Guillemot est le visage public d’Ubisoft — le PDG visionnaire qui a refusé les offres de rachat de Vivendi et tenu tête aux géants américains — Claude était l’homme du hardware. À la tête de Guillemot Corporation, il pilotait la conception des périphériques gaming : manettes, volants, sticks. L’infrastructure physique du jeu vidéo.
C’est lui qui a fait le lien entre le logiciel et le geste du joueur. Pas de gloire médiatique. Du travail de fond. Du breton.

Le crash
Vendredi 19 juin, Claude Guillemot prenait les commandes de son Cessna 421, un bimoteur léger, direction La Baule pour un rassemblement aérien. L’avion s’est écrasé dans un champ près de l’aérodrome. Les deux occupants sont morts sur le coup.
Le parquet a ouvert une enquête pour homicide involontaire, confiée au commissariat de La Baule et à la gendarmerie du transport aérien, assistés du BEA.
Ce qui reste
Claude Guillemot laisse l’image d’un bâtisseur discret. Pas de clashs médiatiques, pas de déclarations choc. Juste une famille, une entreprise, et une passion pour un secteur qui était encore un hobby quand ils ont commencé.
Dans un monde du jeu vidéo dominé par les grandes manœuvres financières et les ego surdimensionnés, les frères Guillemot ont incarné une certaine idée de l’entrepreneuriat à la française : familial, obstiné, et discrètement ambitieux.
Claude Guillemot (1957–2026).

